Conférence Jai Jagat écoles

En quoi l’enjeu climatique est une question spirituelle ?

Que peut-on faire pour en relever le défi ?

A ne pas manquer :

dans le cadre de Jai Jagat, Martin Kopp, éco-théologien protestant de Strasbourg, donne une conférence ouverte à tous, ce jeudi (20h15) à l’église St François de LLN. Participation libre. 
Nous vous la recommandons chaudement, à l’heure où l’écologie intégrale fait plus que jamais sens pour les jeunes et où nous avons une parole à tenir… 

A la joie de vous y retrouver peut-être, 

Samuel – Au nom de l’équipe de pastorale scolaire du secondaire,

Pour tout savoir sur Jai Jagat écoles :

Aussi sur le site de http://www.jaijagat.be/jeunes

Newsletter du 20 janvier 2020

Les dernières nouvelles de la pastorale scolaire sont à découvrir dans notre newsletter:

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‘Tant de visages, tant de rencontres au cœur de Bruxelles’

Ouverture Académique du 4ème degré de l’institut Dominique Pire,

le 4 octobre, à la Salle Lumen :

Une fois par année scolaire, tous les étudiants en soins infirmiers et de l’année préparatoire au Jury Central donnant accès aux études en soins infirmiers, ainsi que les membres de l’équipe administrative et pédagogique, se réunissent afin de fêter le début de l’année académique et développer un thème particulier. Le 4 octobre dernier, l’équipe organisatrice a souhaité mettre en lumière les 9 valeurs du Centre scolaire Dominique Pire (indiquées en gras dans le texte !) et les ‘ visages’ de l’école, soit environ 400 étudiants adultes répartis sur le site de Lenglentier, près de la Gare du Midi (Bruxelles – ville) et le site Val Duchesse (Auderghem). 

L’après – midi a débuté avec un power point des visages des étudiants, professeurs et autres membres du personnel, des selfies pris dans des coins plus ou moins connus de Bruxelles. Etonnant tour de la capitale, agrémenté de chansons (belges), qui a suscité des applaudissements généreux bien mérités vu la qualité de ce travail 

Lors de la Journée de formation et de ressourcement organisée par la Pastorale Scolaire en février 2019, Sébastien de Fooz avait mis en valeur la gratitude et la bienveillance. Son expédition urbaine d’un mois dans Bruxelles sans rentrer chez lui, mais aussi son pèlerinage Gand – Jérusalem, étaient d’excellents motifs pour illustrer la confiance et la curiosité. Après le power point des visages, Sébastien de Fooz est donc venu relater avec honnêteté ses longues marches et ses rencontres et a captivé son public. 

Manza, belgo- marocain, ‘maroxellois’ comme il se décrit lui-même, rappeur – slameur, et aussi éducateur de rue, a également témoigné en musique et en textes rédigés en slam : récit vibrant sur le combat de Lola contre le cancer du sein, sa vision de la ville de Bruxelles et, cerise sur le gâteau, un texte en slam composé sur place en écoutant les différents intervenants et en palpant l’ambiance de notre section. Il a été apprécié par beaucoup pour son engagement auprès des jeunes et des personnes âgées (il anime des ateliers intergénérationnels d’écriture en slam dans des maisons de repos). Le respect de chacun est primordial pour lui, en toutes circonstances : il l’a rappelé avec humour et conviction. 

Sébastien de Fooz et Manza

Petite surprise de taille entre les 2 orateurs : une bibliothécaire est montée sur scène avec son compagnon. Tous deux chanteurs du groupe Atal Sia, ils ont ému la plupart des participants en offrant, en primeur pour la Belgique, une chanson en anglais et en lingala intitulée ‘Mama waits’. Celle-ci relate le drame des étudiantes qui quittent leur pays et laissent leurs enfants ‘au village’ afin de venir étudier en Belgique. Moment intense de communion avec toutes ces ‘ femmes courage’ en recherche d’autonomie.

L’après-midi s’est clôturée avec une allocution de la directrice adjointe, reprenant les valeurs de l’école, déjà mises en lumière de manière poétique par une infirmière – professeur au tout début, la spécificité de l’école dans le paysage scolaire bruxellois, et l’arrivée très prochaine des ‘boites à livres’ sur les 2 sites. 

Par souci de solidarité avec des jeunes adultes déficients mentaux, nous commandons depuis des années des biscuits fabriqués par l’atelier FARILU à Boitsfort : un régal pour tous, un petit coup de pouce et un encouragement pour eux ! 

Cette après-midi, à la fois festive et officielle, a été construite par quelques membres de l’équipe éducative : ils ont apporté leur totale coopération à ce projet important en investissement et riche de sens pour le 4ème degré.  

Myriam Geelhand, infirmière -professeur et Relais Pastorale scolaire 

Jai Jagat : inscriptions & informations concrètes

Voici quelques informations concrètes pour les écoles qui souhaitent participer à la Marche Jai Jagat du vendredi 27 mars 2020. Il est entendu que les écoles participantes se sont préalablement engagées dans un processus de sensibilisation aux 4 enjeux portés par Jai Jagat:

  • Paix et non-violence
  • Inclusion sociale
  • Réduction des inégalités
  • Reconstruction climatique

La journée du 27 mars se déroulera en 2 temps:

  • Marche en mixité depuis plusieurs gares à proximité de Namur
  • Accueil et forum ouvert au Centre de demandeurs d’asile de Jambes

Pour tout renseignement: Jaijagat.ecole@gmail.com

Voici le Formulaire d’inscription à remplir obligatoirement pour la participation de votre école au projet Jai Jagat : https://docs.google.com/forms/d/1DMB7KlonsQ5fLZTj2vHlrSkkaEkXv3UrzQyG-sz0ylM/edit

Les séances d’informations pour le déroulement du forum ouvert du vendredi 27 mars ont eu lieu le 14/01 à Namur et le 15/01 à Bruxelles.

Y était invités : 
-1 ou 2 élèves délégués par école- les professeurs qui n’ont pas pu être à la réunion d’information à Liège en décembre- des membres de la Croix Rouge- des demandeurs d’asile- des membres d’associations partenaires pour les ateliers

La Cellule forum ouvert : A la suite de la réunion d’information, se constituera par délégation une cellule qui se réunira : – mercredi 5/02 de 13h à 17h (32, rue du gouvernement provisoire – 1000 Bruxelles, Entraide et Fraternité)- mercredi 19/2 de 13h à 17h (lieu à définir)


Merci pour votre précieuse collaboration ! 
Alexandra, Catherine, Joëlle, Odile et Anaïs.

« Des connexions vivifiantes » Echos de la Journée des Relais

– 1 oct. 2019 –

Lors de cette journée, les participants ont l’occasion de se sentir en église. Les réflexions et les échanges autour de l’éducation et de la foi chrétienne sont rythmés par des chants, des documents audiovisuels et la prière en commun. L’accueil, la bonne humeur et la simplicité sont au rendez-vous. La Journée des Relais est une opportunité de renouveler la mission d’annoncer l’Évangile. De plus, l’eucharistie de la rentrée scolaire du dimanche 1 septembre a déjà présenté la thématique : comment être témoins de la foi dans un monde scolaire diversifié et sécularisé ?

  1. L’actualisation de la Parole.

Lors du premier exposé du matin, Florence pose le cadre théologique : l’Église existe pour les autres et pour chacun. Ainsi, être en conversation avec le monde d’aujourd’hui est nécessaire. La mission confiée par Jésus se réalise « ici et maintenant » par l’amitié avec les êtres humains, la nature et le cosmos. Déjà en 1964, suite au mouvement d’aggiornamento entamé par Vatican II, Paul VI invite les fidèles à participer à l’actualisation de la parole de Dieu. Face à une institution ecclésiale reléguée par la modernité, l’inculturation devient le mot d’ordre pour enraciner le message évangélique dans les sociétés d’aujourd’hui. Cet exercice a besoin d’un discernement pour mettre en place cette prière de Jésus : « Je ne te prie pas de les retirer du monde mais de les préserver du mal. » (Jn 17, 15)

Tout comme la tradition juive au III siècle avant notre ère entame un dialogue avec la culture grecque, par la traduction de la Bible connue comme « la septante », l’Église d’aujourd’hui est invitée à rendre audible et crédible son enseignement. Les perspectives qui soutiennent  la vie et la solidarité entre les humains portent des germes d’Évangile. Les discours totalitaires, les condamnations et les apologies à outrance, comme le fameux « hors de l’Église point de salut », sont quant à eux des barrières qui empêchent la rencontre avec l’autre. Jésus choisit un groupe de disciples et leur confie une mission : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » (Jn 20, 21) Le Nouveau Testament révèle le cadre d’humilité et souvent de persécution dans lequel les premières communautés ont accompli leur mission.

Dans le contexte actuel, la pastorale scolaire est confrontée à des défis de taille : comment rejoindre, dans le respect, des élèves qui viennent de cultures et religions différentes ? Comment susciter de l’intérêt chez les élèves pour les « questions ultimes » quand la société de consommation a une tendance à assoupir dans la superficialité ?  Comment secouer une certaine apathie ambiante qui passe à côté des enjeux majeurs de la société ?

  1. Vers une nouvelle contextualisation de la foi.

Dans le deuxième exposé de la matinée, Samuel donne quelques pistes pour répondre à ces questions dans les projets de pastorale scolaire. Il invite  à se situer dans une perspective d’avenir, à interpréter les faits culturels sans un jugement précipité et à construire ensemble un cheminement qui contribue à rendre plus vivante l’annonce de l’Évangile. La question de la spécificité de l’éducation catholique est incontournable et selon la réponse qui lui est donnée, la pastorale scolaire construit différents modèles d’action. Le pape François invite les éducateurs à sortir des sentiers battus : « … l’école a besoin d’une autocritique urgente, si nous constatons les résultats de la pastorale de beaucoup d’entre elles, une pastorale centrée sur l’instruction religieuse qui est souvent incapable de susciter des expériences de foi durables » (Exhortation Apostolique Post-synodale, « Il vit, le Christ, (Christus vivit), Fidelite, N° 221, p. 111, 2019).

À partir de différentes modèles herméneutiques et de communication, il y a diverses tentatives pour intégrer le christianisme et la culture au sein de l’école. Le début des années 90 consacre l’ère des valeurs. En effet, alors que les équipes de pastorale voient le jour pour soutenir les écoles face à la déchristianisation, le projet éducatif se constitue autour de la reconnaissance des quatre valeurs selon le Congrès de Bangkok de 1982 : le respect de l’autre, la créativité, la solidarité responsable et l’intériorité. Parce que le Christ a pleinement vécu ces valeurs, celles-ci doivent être vécues dans les établissements catholiques. Pour certains, cette tendance peut se présenter comme une nouvelle tentative de « confessionnalisation » déguisée. En réalité, le contexte actuel de sécularisation et d’indifférence religieuse pose de nouveaux défis aux écoles chrétiennes. Il est temps d’aller plus loin, d’oser le dialogue entre la culture et le christianisme, d’accepter le pluralisme comme une invitation à revisiter les racines de la foi chrétienne.

  1. L’inouï de l’Évangile.

Comment entamer un dialogue avec la postmodernité à partir de la tradition chrétienne ? Recontextualiser la bonne nouvelle de Jésus-Christ afin de la rendre compréhensible aux hommes et femmes d’aujourd’hui. Dans un environnement sécularisé, une équipe pastorale peut oser une attitude d’écoute à partir de la réalité des élèves, des professeurs et des parents et découvrir comment Dieu peut être présent là et en se gardant de toute tentative de récupération ecclésiale. Entamer un dialogue respectueux, poser des questions, ne pas prétendre avoir les réponses dans la doctrine et se laisser interroger par la différence, par l’indifférence et par l’ « athéisme » ambiant, ceci constitue un point de départ pour aborder les « questions ultimes ».  Quand la pastorale se laisse guider par l’Esprit Saint, et qu’un discernement suscite un dialogue dans les écoles, alors l’intérêt pour l’approfondissement du sens de la vie est cultivé dans la communauté éducative.

Des circonstances favorables existent qui permettent de mettre en place ce dialogue :

  • La culture des jeunes aujourd’hui est prise au sérieux.
  • Il n’y a pas de tabous qui empêchent de parler franchement.
  • Les instituions peuvent faire appel à des témoins qui enrichissent les rencontres à partir de leur expérience.
  • Il y a de références théologiques et des exhortations du pape François assez stimulantes pour oser une nouvelle contextualisation de la foi chrétienne. L’encyclique « Laudato Si’ » est un bon exemple :

« On a tous la même planète qui nous supplie d’être moins bête ».

Pour se laisser interpeller par l’identité de l’autre, il est nécessaire de se situer au départ. Le dialogue porte des fruits quand les parties qui se rencontrent ont des racines profondes. La spécificité chrétienne de l’école est une dynamique qui s’inspire d’une tradition et qui s’actualise dans des échanges avec des nouveaux contextes et avec des partenaires pluriels.

  1. Une question à approfondir.

Mais finalement c’est quoi l’inouï de l’Évangile ? Cette question nécessite une réflexion approfondie qui pourrait être le sujet d’une nouvelle Journée des Relais.

Le christianisme est une invitation à découvrir Jésus comme personne : Seigneur de l’Histoire et de l’histoire de chacun. Par sa grâce, il nous propose de gravir avec lui la montagne vers le Père (Abba). Pendant que le mal cherche à imposer rivalités et violences, Jésus de Nazareth propose la possibilité de vivre dans la liberté et la paix car le royaume de Dieu n’est pas de ce monde.

La source première pour connaître Jésus-Christ est la proclamation de l’Évangile (kérigma). La foi repose sur le témoignage d’un groupe de disciples, complices de la crucifixion de leur maître, qui sont devenus peu après des hérauts de son relèvement : « Dieu l’a ressuscité des morts : nous en sommes témoins » (Ac 3, 15).

Dans l’histoire humaine jaillit alors une nouvelle lumière qui contribue de manière décisive à fonder la dignité universelle des enfants de Dieu. « … il n’y a plus ni Juif, ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. » (Ga 3, 28) La résurrection de Jésus pose la question de la justice dans l’histoire. Articulé par la pensée religieuse hébraïque, le Nouveau Testament révèle une anthropologie divine. L’être humain, à partir d’une dimension transcendante, peut découvrir l’amour comme destinée.

  1. Une parole créatrice à l’école.

L’éducation sème de l’espoir. La mort n’a pas le dernier mot. L’être humain en tant que lieu d’expression et de rencontre peut établir une continuité entre la dimension physique et spirituelle. Les évangiles nous rappellent que la présence de Jésus crucifié est contenue dans la présence du Seigneur ressuscité.    

À partir de cette interaction, l’être humain peut s’envisager dans une perspective transcendante : la réalité est une donnée matérielle qui existe en même temps comme mise en scène spirituelle. Le christianisme est appelé à  imprégner l’histoire d’intentionnalité divine. Jésus est un homme avant tout préoccupé de Dieu et engagé dans la mission de mettre toutes les personnes à l’écoute de la Parole : «… le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1, 14). L’enseignement de Jésus se confirme par des signes de guérison. Ainsi l’école n’est pas le lieu pour développer de grandes théories sur la Résurrection mais bien pour manifester et partager des signes d’une expérience vivifiante. L’éducation a comme mission de créer un climat d’ouverture à la diversité de la vie, d’écoute de soi, des autres et de la nature.

Ainsi, la Journée des Relais offre aussi la possibilité de découvrir des expériences pastorales mises en place par différentes équipes en Belgique. Les participants peuvent interagir, questionner ou soutenir ce type de pratiques. Cette année, des coordinateurs ont présenté, entre autres, la pastorale diocésaine des jeunes de Bruxelles et du Brabant Wallon, le projet d’animation de retraites dans les écoles, une expérience d’intervention d’élèves dans un documentaire autour de la figure d’Etty Hillesum, le projet de jeunes d’écoles dans la marche Jai Jagat (du 25 au 27 mars 2020) pour le respect de la planète et des marginalisés… L’information est transmise dans un cadre de rencontres et d’échanges enrichissants. Cette dynamique se poursuit pendant le temps de midi autour d’un sandwich et l’après-midi dans des ateliers divers.

La Journée des Relais s’achève en point d’orgue dans une chapelle improvisée sur place qui invite à la  prière en commun. La Parole de Dieu préside la célébration, les chants accompagnent la méditation et chacun est invité à partager son expérience du jour à partir d’un objet choisi. Dans le cadre d’une formation pédagogique, c’est un des rares moments où les participants ont l’occasion de prier ensemble.

Merci à l’équipe: Florence, Adeline, Marie-Cécile, Alexandra, Jean-François, Samuel,  Claude… pour cette journée vivifiante. À l’année prochaine, j’espère :                                           

                                                                                                           Jorge Salazar Isaza                                                                

Professeur de religion

Lycée Martin V.               

Jai Jagat ? Jamais entendu parler…

Dans une discrétion absolue au point que nombre d’entre nous n’en n’avaient encore jamais entendu parler jusqu’ici, la marche Jai Jagat (« Victoire d’un monde pour tous ») a démarré ce 2 octobre à New Delhi.

Mais de quoi s’agit-il exactement ? D’une grande marche d’un an, qui reliera la ville de Gandhi à celle de l’ONUG, permettant ainsi à des milliers de gens et surtout à ceux qu’on n’entend jamais, de venir parler de visu aux représentants des Nations Unies à Genève. Voilà pour le mobile officiel, le but et l’aboutissement de ce périple un peu fou qui fera traverser 10 000 kms à des Indiens courageux et pleins de foi… Mais le réel motif de cette grande marche des pauvres tient surtout dans la création de liens, ce lien fraternel qui nous manque tellement dans notre mode de vie occidental hyper-globalisé, hyper-connecté, hyper consommateur. En effet, en traversant 17 pays, en logeant chaque soir de fermes en fermes, de villages en villages, de collectifs citoyens en mouvements de transition, c’est de l’espoir et de l’intelligence dont il est question en vérité… Comment construire, là où nous sommes, ce monde nouveau dont nous ressentons l’urgent besoin derrière la clameur des jeunes, le cri des pauvres et de notre maison commune qui reconnaissons-le, prend un peu l’eau ? Voilà bien ce qui a débuté ce 2 octobre dans une ville actuellement recouverte d’un nuage de particules fines, au moment où nous rédigeons cet article.

Mais nous, là-dedans, que pouvons-nous y faire en tant qu’attachés au monde de l’enseignement ou membres d’une pastorale scolaire ? Eh bien, modestement, nous avons notre petite pierre à y mettre. Comme le randonneur qui peut, s’il le veut bien, ramasser et ajouter son humble caillou au monticule balise qu’on appelle en montagnes « un kern ».

L’an passé, deux enseignants sont venus nous interpeller. Ils faisaient partie du mouvement « Jai Jagat-Belgique » et se demandaient comment y intégrer les jeunes des écoles francophones. Car, dans notre petit royaume aussi, à partir de juillet 2020, des hommes et des femmes marcheront au départ de Bruxelles pour rejoindre les Indiens à Genève. Ils logeront de fermes en fermes. Ils retisseront ce lien eux aussi. Et convergeront depuis nos contrées jusqu’à Avioth, point de ralliement d’autres marches européennes vers Genève. Or donc, ces enseignants cherchaient à faire participer les jeunes à cette grande marche, au moment précis où ces derniers allaient descendre dans les rues, en masse, pour exiger une prise de conscience climatique.

C’est ainsi que forts de cet appel, nous nous sommes réunis pour créer « Jai Jagat écoles ». Avec des profs (de Bruxelles, de Visé, de Namur, de Verviers ou de Binche, …) des membres de pastorales de jeunes, des pastorales scolaires ou d’associations comme Entraide et Fraternité. Et tout ce petit monde hétéroclite, enseignant ou pas, croyant ou non, s’est mis d’accord pour organiser une « pré-marche » Jai Jagat, avec pour point d’orgue un grand Forum des Jeunes, au mois de mars 2020, en proposant cette démarche aux jeunes des écoles de différentes provinces. C’était une gageure folle. Nous ne savions pas si ce projet réunirait 50 ou plutôt 500 jeunes. Nous n’avions pas de lieu pour un tel rassemblement, pas de sous, aucune certitude d’aboutissement. Juste l’intuition qu’il était bon de rejoindre ce grand mouvement international de Justice et de Paix et d’ y vivre concrètement les intuitions de Laudato Si dans le sillage des méthodes de Gandhi… 

Il faut croire que l’Esprit Saint et une solide dose de bonne volonté humaine a pris l’affaire à cœur car aujourd’hui, le projet est bien en route. Nous accueillerons le 27 mars prochain plusieurs centaines de jeunes issus d’une quinzaine d’écoles très diverses, pour une marche d’un, deux ou trois jours. Celle-ci se vivra en mixité, avec des migrants et des personnes qui œuvrent aux quotidien dans des associations pour mettre en place les 4 thématiques du mouvement Jai Jagat : Paix et Non-violence. Inclusion sociale. Réduction des inégalités. Reconstruction écologique.

Cette marche des jeunes aura bien sûr été préparée dans les cours et dans les classes depuis le début de l’année scolaire. Elle se clôturera par un grand forum ouvert au Centre de la Croix-Rouge à Jambes, là où précisément résident 300 demandeurs d’asile qui, beau renversement de situation, accueilleront et nourriront une centaine de jeunes, migrants d’un jour. Cet événement, aussi démocratique que festif, aura pour finalité de recueillir en intelligence collective les intuitions et revendications de la jeunesse belge que quelques-uns d’entre eux iront porter ensuite à Genève.

Alors, si vous voulez en savoir plus, joindre vos forces aux nôtres de là où vous êtes, par un soutien financier, logistique ou simplement quelques heures de votre temps au mois de mars 2020, n’hésitez pas à nous contacter. C’est la pierre ajoutée par chacun qui formera ce « kern » afin que la marche des jeunes soit balisée par l’expérience des anciens. Nous leur devons bien cela…